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Interview pour le progrès du 28/02

Retrouvez ci-dessous l’interview de Arnaud Deleu réalisée pour le compte du Progrès.


Urbanisme, quels sont vos projets pour le développement de la commune ? Combien d’habitants pensez-vous qu’il y ait en 2030 ?


Notre souhait est de conserver l’esprit village tout en gérant un urbanisme adapté, raisonné donnant de la place à la nature pour une meilleure qualité de vie.


Saint-Symphorien-d’Ozon est une commune attractive. Nous accueillons chaque année une centaine de nouveaux habitants. Pour que notre village soit un espace où il faut bon vivre nous devons anticiper l’évolution démographique et créer ou élargir des lieux de services : une crèche dimensionnée aux réalités de demain, un agrandissement des écoles, un espace pour la jeunesse... Nous implanterons un lieu de vie intergénérationnel type « résidence service » ou « béguinage » propice à la proximité, à la rencontre et aux échanges. Nous réfléchissons aussi à la création d’une cuisine centrale, en lien avec plusieurs communes, utilisant les circuits courts, les produits bio et locaux.


Pour dynamiser les entreprises et développer la vie économique, nous ouvrirons un lieu de travail partagé (co-working) permettant de rassembler des entrepreneurs, d’attirer de nouvelles activités et de limiter les déplacements vers des lieux de travail éloignés. L’objectif est de créer un nouveau réseau de compétences et d’enrayer l’effet « ville dortoir » que nous commençons à constater. A cet espace sera adossé une offre pour les commerces de proximité, les services et les professions médicales. Les commerçants en activité ne sont pas absents de notre réflexion et en concertation avec eux nous stimulerons l’activité commerciale du village.


Quelles sont vos trois principales propositions en matière d’environnement ?


Notre première proposition sera de contribuer, à notre niveau, à la réduction de l’empreinte carbone. Nous devons faire un travail de fond sur les déplacements doux : aménager les voies cyclables, les sécuriser, favoriser le déplacement cycliste dans le village, mettre en place des navettes vers les gares, privilégier les circuits courts, bio et locaux dans la restauration collective (scolaires, livraisons de repas…).


Pour répondre aux futurs enjeux environnementaux, nous envisageons d’équiper les bâtiments publics qui s’y prêtent de panneaux solaires et construire systématiquement les nouveaux équipements en énergie positive.


Enfin, protéger les cours d’eau, réhabiliter les marais, entretenir les chemins communaux, végétaliser la commune, replanter des arbres pour offrir des lieux de rencontre autour de jardins, limiter l’impact des températures et lutter contre les ilots de chaleur, nous semble une mesure importante pour tous les symphorinois.


Pensez-vous augmenter le taux des impôts locaux ?


Notre engagement est de ne pas augmenter le taux des impôts locaux. De plus, contrairement à la situation actuelle, nous indexerons le prix des services (piscine, restaurant scolaire…) sur l’inflation.


Les indemnités du Maire et de ses adjoints seront par ailleurs diminuées de 15%. Le différentiel (100 000 euros sur 6 ans) permettra le financement de projets dédiés aux Symphorinois.


Quels sont vos projets en matière de sécurité ?


Nous sécuriserons les déplacements doux, les abords des écoles et les axes à forte circulation. Nous entamerons avec les symphorinois le recensement des tous les lieux à risque pour rechercher et mettre en œuvre les solutions adaptées.


Nous agirons en faveur de la sécurité des personnes en ayant recours à une vidéo protection efficace et en renforçant la présence de la police municipale.


Nous installerons l’éclairage des chemins, rues, routes en utilisant de la technologie à faible consommation, de préférence solaire et avec détecteurs de passage.


Quels sont vos projets en matière de transport ?


Il est indispensable de développer une alternative à la voiture qui représente 77% de la part des déplacements. Nous mettrons en place une navette qui circulera dans la commune et fera le lien avec les gares SNCF et TCL


Nous instaurerons un « pédibus » ou un ramassage scolaire qui limitera la circulation des voitures aux heures de pointe et augmentera la sécurité aux abords des écoles.


Nous développerons les pistes cyclables et voies adaptées aux déplacements doux dans la commune et vers les communes de la CCPO. Nous implanterons des parcs de stationnement pour les vélos.


Quels sont vos projets d’investissement pour les écoles et les équipements publics ?


Tout d’abord nous procéderons à l’étude de l’extension des restaurants scolaires et des écoles, actuellement trop petits, avec des bâtiments respectueux de l’environnement et à énergie positive.


Nos rencontres avec les associations font ressortir un manque de locaux adaptés alors que nous constatons de nombreuses surfaces vacantes. Nous souhaitons les aménager pour les mettre à disposition de nos précieux bénévoles qui s’engagent pour le tissu associatif et le lien entre les personnes à Saint-Symphorien-d’Ozon.


A plus long terme, nous aimerions travailler avec la région pour implanter un Lycée sur le territoire de la commune ou dans les proches environs.


Quel est votre avis sur la réhabilitation du centre bourg ?


La réhabilitation du centre bourg voulue et initiée par la municipalité actuelle pose trois questions majeures :


1. Celle des parkings, car elle entraine la destruction de 56 places de parking public en surface. Les 64 places de parking annoncées seront pour la plupart en sous-terrain et réservées aux nouvelles habitations ainsi qu’à la grande surface commerciale.


2. Celle de la grande surface de 700 m2. Durant la campagne nous avons rencontré les commerçants, les associations et les habitants. Ils sont déçus, voire pour certains, hostiles à l’installation de cette grande surface qui s’est faite sans véritable concertation. Pour eux comme pour nous c’est un projet d’un autre âge. Aujourd’hui, les citoyens préfèrent majoritairement privilégier le commerce de proximité, les marchés et les circuits courts.


3. Et enfin celle de plusieurs commerçants dont les locaux ne sont plus adaptés (soit du fait de leur taille soit du fait de l’accessibilité) et qui voyaient dans le projet de réhabilitation du centre bourg une opportunité de se renouveler. Ils risquent malheureusement de quitter la commune alors que cette zone aurait pu répondre à leurs attentes et attirer de plus des producteurs locaux.


Chiffres concernant le montant de la dette, augmentation de la dette. Quels sont les investissements financés par la dette ?


Selon les comptes officiels 2020 de la commune, celle-ci a contracté 3 emprunts pour un total de 3 149 308 euros, soit une dette de 546 € par habitant contre 45 € en 2014. Ces emprunts ont pour objet de financer l’aménagement du musée et de l’espace jeune du parc du Poizat pour un montant total de 3 millions d’euros (TVA incluse). Démarrer un nouveau mandat avec un tel emprunt c’est une course en avant et un frein non négligeable dans le développement de nouveaux projets pour le village.


Si nous sommes bien sûr favorables à la mise en valeur de l’histoire et du patrimoine de Saint Symphorien d’Ozon et aux échanges intergénérationnels, un réel débat démocratique et participatif aurait permis de retenir des réponses adaptées aux réels besoins des habitants et aux moyens financiers de la commune.


Demain, en plus du budget d’aménagement, quel sera le coût prévisionnel de fonctionnement (chauffage, éclairage, maintenance, personnel pour l’accueil et le paiement de l’entrée…) de ce projet ? Qui viendra visiter le musée de Saint Symphorien d’Ozon ? Le montant des entrées suffira-t-il à compenser les dépenses d’investissement et de fonctionnement ou sera-t-il une charge supplémentaire pour la commune et donc pour les symphorinois ?


Notre vision, face à cette situation, est que le recours à l’emprunt est une opportunité utile et indispensable lorsqu’il finance par anticipation des services ou infrastructures (écoles, crèches, équipements sportifs et associatifs) qui permettent de développer la vie de la commune. Ce recours semble plus délétère lorsqu’il s’agit d’un transfert de charges financières devant être assumée par les générations futures.

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